Arturia, une reine de Bretagne bien classe
Bonjour à tous. Actuellement, je suis en train de rattraper plusieurs années d'inculture en matière de japanimation. Or, je pense que c'est une bonne occasion pour vous présenter un animé assez méconnu (je me fie en tout cas à ce que m'a dit un spécialiste de l'oeuvre en question) que j'ai beaucoup apprécié : Fate. Avant de commencer, je tiens à dire qu'il ne s'agit aucunement d'une review ou d'un test mais avant tout d'un résumé de mon avis sur la question. La nuance est en effet d'importance puisque dans le domaine des arts je méprise royalement tous ceux qui, sous couvert d'érudition, se permettent de déterminer ce qui est bien de ce qui ne l'est pas.
Cette introduction posée, entrons tout de suite dans le vif du sujet : c'est quoi Fate ? Répondre à cette question simplement est assez difficile dans la mesure où c'est une licence qui regroupe tout un tas de films, de séries et de spin-off tous plus variés les uns et les autres. Moi même, je ne prétends pas être un expert absolu de l'univers dans la mesure où je n'ai vu que deux de ces oeuvres : Fate Zéro et Fate / Stay Night. C'est donc de ces deux animés que je vais parler ici. Chacun d'entre eux, à raison de 25 épisodes pour Fate Zéro et de 24 épisodes pour Fate / Stay Night, se déroule dans le même univers et forme une histoire cohérente qui se suit directement comme on le verra par la suite.
L'univers
L'histoire se déroule dans un monde semblable au nôtre à ceci près que certains êtres humains ont des prédispositions pour la magie. Jusqu'ici, que du très classique me direz-vous. Mais l'essentiel est ailleurs. Régulièrement en effet, sept magiciens du monde entier s'affrontent dans une guerre impitoyable que l'on appelle la Guerre du Saint-Graal afin de permettre l'apparition du Graal qui est capable d'exaucer n'importe quel souhait. Plus intéressant encore : pour les aider dans leur tâche, chaque mage élu par les dieux se voit attribuer ce que l'on appelle un Servant. On touche ici du doigt le grand attrait de Fate puisque ces Servants ne sont autres que la matérialisation dans notre monde de glorieux héros de l'Histoire avec un grand H. Une fois ces valeureux combattants apparus, la boucherie peut alors commencer pour notre plus grand plaisir. Fate, c'est en effet avant tout du grand spectacle. Ce sont de glorieuses empoignades entre des personnalités charismatiques du passé. Et comme j'ai une certaine fascination pour le passé en bon amateur d'Histoire, voir les plus féroces combattants de différentes époques et de différences cultures s'affronter m'a vraiment époustouflé.
L'histoire
Vu l'exposé que je vous ai fait du pitch général de Fate, on pourrait penser que c'est une licence bien bourrine. C'est le cas, inutile de le nier. Mais pour autant, le scénario n'est pas forcément en retrait et anecdotique. Même si les épisodes enchaînent les combats les uns après les autres, l'histoire n'est en effet pas dénuée d'une certaine réflexion philosophique sur la nature humaine qui tourne autour d'une problématique centrale : la nature du Graal. Au début, je dois dire que je voyais l'histoire surtout comme un tournoi certes épique mais un peu creux quant à sa finalité. Après tout, s'il suffisait de latter la gueule à tous ses concurrents pour voir tous ses voeux exaucés par les dieux ça aurait été un peu léger pour faire une bonne histoire. Mais tout n'est pas si simple comme on s'en rend compte à un moment de l'histoire. Je parle ici en particulier de Fate Zéro dont l'épilogue est assez désarçonnant par rapport à l'image que l'on avait du Graal jusqu'ici.
Pédobear ? Ce n'est qu'un amateur par rapport au taré qui vous attend dans Fate Zéro ^_^
Parlons maintenant des animés en eux-mêmes et de leur structure narrative. Fate Zéro est la préquelle directe à Fate / Stay Night. Chacun de ces deux animés racontent respectivement le déroulement de la IV° et de la V° Guerre du Saint-Graal. Ce qu'il est très intéressant de noter d'ailleurs, et qui fait également toute la force du scénario, c'est le côté chasse à l'homme qui ressort de l'ambiance générale qui nous est insufflée à chaque épisode. Un peu comme dans un film d'horreur, on s'attend à tout moment que nos personnages favoris soient pris en chasse par un Servant ennemi et mis à mort immédiatement sans la moindre once de pitié. L'ambiance est réussie et cela permet également de donner un rythme conséquent au scénario grâce à des rebondissements nombreux et variés. On notera également l'existence de situations parfois osées qui renouvellent régulièrement l'intérêt de la série. A ce sujet, je tiens d'ailleurs à donner une mention spéciale aux agissements de Caster dans Fate Zéro qui ne manquent pas d'originalité et témoignent d'une réelle audace des créateurs pour nous éloigner des standards habituels du shonen.
Jusqu'ici, je vous ai beaucoup parlé de Fate Zéro mais il faut savoir qu'on retrouve ces éléments dans une moindre mesure dans sa suite, qui n'en est pas vraiment d'ailleurs au passage puisque Fate Zéro est sorti après Fate / Stay Night même si chronologiquement Fate Zéro est antérieur. On tente bien de massacrer toute la population d'une école après tout dans Fate / Stay Night alors la comparaison se tient sur ce plan-là. L'ambiance est toujours là. Je me dois tout de même d'être honnête : sur le plan scénaristique, cette suite est inférieure à Fate Zéro. Elle n'est pas mauvaise : elle est même très bonne, j'insiste là-dessus. Mais sa force ne réside pas dans le scénario. La faute en revient à une orientation beaucoup plus shonen et grand public que l'on ne peut regretter. Heureusement, l'animé a des vertus que sa préquelle n'a pas à mes yeux.
Les Personnages
Qui sera le dernier survivant ?
Sans aucun doute le gros point fort de Fate. Le chara design est excellent, les personnages sont attachants et leurs personnalités sont très travaillées. Dans Fate Zéro, on a même droit à un antihéros dans les règles de l'art qui use de méthodes à en faire pâlir un Lelouch de Code Geass. En particulier, les Servants sont très intéressants dans la mesure où ils s'inspirent en grande partie des spécificités des personnages historiques ou mythologiques qu'ils incarnent. Cela n'empêche toutefois pas l'originalité, comme c'est le cas avec la magnifique Arturia, interprétation féminine de la légende arturienne qui ne manque pas d'une élégance chevaleresque qui aurait manqué si on s'était contenté d'un homme lambda. Fière héroïne et fine lame, c'est sans doute le personnage le plus emblématique de Fate et mon favori à égalité avec le génialissime Caster de Fate Zéro inspiré du terrifiant Gilles de Rais dont l'humour quelque peu spécial fait toujours mouche.
Ce que je vous dis là, je pourrais le développer avec bien d'autres personnages qui sont presque tous charismatiques. Ce sont eux qui font de Fate, je n'ai pas peur de le dire, un animé différent des autres. C'est moins le cas dans Fate / Stay Night à cause de ce stéréotype de héros shonen qu'on se tape, mais pour ce qui est de Fate Zéro il n'y a absolument rien à reprocher. Point positif en revanche pour Fate / Stay Night : je trouve la romance entre Arturia loin d'être niaise et au contraire assez utile pour développer le personnage qui incarne la classe de Saber puisque cela permet de réactiver un très vieux thème de la littérature médiévale : le conflit entre le devoir et la passion. Après c'est peut-être moi qui suis fleur bleue avec les femmes guerrières, mais contrairement à beaucoup d'autres films d'animation je n'ai en rien trouvé cette histoire d'amour naissante niaise ou cul-cul. Ca développe encore plus les personnages, ça nous permet de mieux les comprendre et c'est tant mieux. C'est bien gentil la baston, mais il ne faudrait pas oublier que derrière l'armure, l'épée, la hache ou la lance se cache des êtres humains avec des valeurs (le duo Saber / Lancer dans Fate Zéro est mémorable), des convictions, des blessures (le héros de Fate Zéro) et des émotions. Donc voilà : contrairement à beaucoup de critiques sur ce point que j'ai lues à propos de Fate / Stay Night et que je trouve injuste, c'est justement un élément que j'apporte au crédit de cette suite trop injustement décriée. Elle a des défauts, je suis le premier à le dire et je les attribue à l'ancienneté de l'animé en question (2006 ça remonte quand même à sept ans !) mais elle n'est en rien mauvaise, ratée ou inutile. Moi, j'ai trouvé que c'était assez émouvant aussi débile soit le héros.
Je pourrais bien sûr en dire beaucoup plus sur les personnages de Fate, mais ce serait spoiler beaucoup trop et ce n'est pas le but de cet article de présentation. Pour en terminer, je vais à présent vous parler de l'OST ^^ La musique, c'est un peu la spécialité de mon blog après tout.
La musique
La musique dans un film c'est fondamental pour installer une ambiance et faire naître des émotions. Ca vaut aussi pour les animés comme Fate, donc je me dois de vous en dire quelques mots. Inutile de tourner autour du pot : c'est excellent. Malgré des openings plutôt moyens dans l'ensemble, on a droit à un excellent générique pour inaugurer Fate Zéro. Avouez que ça déboîte non ? ^^ Au sujet de Fate / Stay Night le mal aimé, la composition est également très réussie avec en particulier un thème de combat très entraînant que j'écoute avec plaisir pendant des heures sans jamais m'en lasser lors de mes séances d'écriture pour ma fanfic. Il y a également des thèmes plus posés plus magnifiques les uns que les autres comme celui-ci que je trouve particulièrement adapté pour les scènes tristes.
Voilà, j'en ai fini pour cette présentation de la série d'animation Fate. J'espère que ça vous aura donné envie d'en savoir plus et, qui sait, de découvrir cette magnifique série. De toute façon, Arturia ne vous donne pas le choix.
Quand mon Master t'ordonne de regarder Fate, tu obéis. Sinon...EX-CALIBUUUUR
Quoi, pourquoi tu me regardes comme ça ? O.o









